Protection des données en 2026 : reprendre le contrôle face aux nouveaux risques
En 2026, l’enjeu pour une entreprise ne se limite plus à la protection de ses données sensibles contre les cyberattaques. Il consiste désormais aussi à garantir que ces données ne soient pas exploitées, volontairement ou non, par des intelligences artificielles externes, sans contrôle ni visibilité.
La protection des données commence par une question simple, mais souvent sous-estimée :
Savez-vous quelles données vos collaborateurs confient chaque jour aux IA génératives ?
Aujourd’hui, il n’est plus réellement pertinent de se demander si les collaborateurs utilisent ou non des outils d’IA générative. Les études et enquêtes récentes ont largement démontré que ces usages sont déjà bien installés dans les organisations.
La véritable problématique est ailleurs :
Quels types de données sont exploités, avec quelles solutions, et avec quels niveaux de contrôle ?
À travers cet article, nous partageons notre vision d’ingénierie : reprendre la maîtrise de ses données, faire des choix de sécurité proportionnés et transformer les contraintes cyber en véritables décisions stratégiques.
La fuite de données : un risque silencieux
À l’heure où la fuite de données est devenue un véritable eldorado pour les attaquants, et dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, la maîtrise des données n'est plus une option.
Une stratégie efficace de protection des données ne peut donc plus se limiter à la sécurisation des systèmes internes. Elle doit également intégrer la gestion du risque de fuite sur l’ensemble de l’écosystème de l’entreprise, en particulier dans sa relation avec ses tiers.
L'identification de ses données : socle de toute stratégie de sécurité
Reprendre le contrôle commence par une étape essentielle : identifier ses données.
La cartographie des données est la clé non seulement de la protection, mais aussi de l’ensemble des chantiers de cybersécurité à venir. Plus cette cartographie est précise, plus cela facilite l'application de mesures de sécurité adaptées et efficaces.
L’objectif n’est pas d’être exhaustif dès le départ, mais de procéder par type de données et réaliser des itérations successives : commencer simple, puis affiner progressivement.
Cette démarche peut s’articuler autour de trois axes principaux pour chaque type de données :
Le stockage
- Le stockage de la donnée concernée est-il interne ou externalisé ?
- Quelles mesures de sécurité sont appliquées ?
- Les contrats couvrent-ils réellement les risques identifiés ?
Le traitement
- Quels usages sont faits de la donnée concernée ?
- Les traitements sont-ils réalisés en interne ou par des tiers ?
- Les niveaux de sécurité sont-ils cohérents avec la sensibilité des données ?
Le flux
- Par où circulent les données ?
- Quels flux sont nécessaires au fonctionnement de l’entreprise ?
- Quels flux sont superflus ou insuffisamment contrôlés ?
Sécurité proportionnée et choix stratégiques
Une fois cette visibilité acquise, l’enjeu est d’adapter la sécurité au niveau de risque réel de l’organisation.
Par exemple, faire appel à un éditeur n’est pas nécessairement impactant. Tout dépend :
- Du secteur d’activité
- Des données concernées
- Des exigences réglementaires
- Et surtout de la stratégie de sécurité définie et des actions de sécurisation appliquées côté éditeur et de son organisation
En revanche, une organisation doit impérativement maîtriser la sécurité de ses données : soit en engageant contractuellement la responsabilité de tiers, soit en renforçant ses propres mécanismes de sécurité.
Shadow AI : décider plutôt que subir
Le phénomène de Shadow AI illustre parfaitement ces nouveaux enjeux.
Avant toute chose, il est nécessaire d’identifier les usages réels et souvent invisibles des IA génératives au sein de l’organisation. À partir de ce constat, plusieurs stratégies sont possibles, par exemple :
- Souscrire à des offres professionnelles d’IA générative encadrées contractuellement
- Déployer et maintenir sa propre architecture d'IA générative
- Interdire l’usage d'IA publics sans licence entreprise
- Mettre en place des architectures techniques permettant de contrôler les flux sortants vers les IA publics
- Définir des règles claires sur les types de données autorisées ou interdites
L’essentiel est de définir et mettre en place une stratégie, et non de subir des usages incontrôlés provoquant des fuites de données sensibles.
Le facteur humain : un levier décisif
Comme pour tout chantier de sécurité, la réussite repose en grande partie sur le facteur humain.
Il est indispensable d’accompagner ces évolutions par :
- une acculturation progressive aux enjeux de la donnée,
- des actions de sensibilisation régulières,
- des formations adaptées aux métiers et aux usages.
L’objectif n’est pas d’interdire, mais de permettre un usage maîtrisé et responsable des données de l’entreprise.
Protéger ses données en 2026, c’est avant tout reprendre le contrôle, dans un environnement où les usages évoluent plus vite que les règles.
Identifier, décider, encadrer et accompagner : autant de leviers essentiels pour commencer l’année avec plus de sérénité, et une stratégie de sécurité réellement alignée avec les enjeux actuels.
Nous vous accompagnons sur votre projet en cybersécurité.
Découvrez plus d'articles


